Ce que je suis:

-Femme

-Patiente

-Kiné

Ce sont trois choses dont je suis sûre et certaine.

Il y a après ce que je suis et ce en quoi je crois et juge indispensable.

En reprenant mon précédent billet et les commentaires, je me suis aperçue que certains me voyait comme un roc inébranlable, sûre de moi, et parée à toute les éventualités. Cela n'a pas toujours été le cas. Je n'ai jamais été sûre de moi, bien au contraire et même encore maintenant je ne suis pas inébranlable. J'ai eu de la chance d'avoir des mentors exigeants et qui voulaient bien faire au départ.

J'ai été confronté à des cas de conscience, à des états d'âme, à des tiraillements internes...et j'ai du développer et adopter une ligne de conduite qui me corresponde.

La première chose sur lequel je m'appuie c'est la Loi. Oui, le code dalloz qui se vend au mètre linéaire chaque année dans les librairies, qui change tout le temps. J'ai depuis longtemps dans mes favoris le site legifrance.gouv.fr, me permettant d'avoir les versions actuelles et consolidées de la loi. A première vue, je vous l'accorde c'est imbitable, écrit en langage abscon. J'ai eu de la chance, il y a dans ma famille des juristes...j'en ai même épousé un. C'est grâce à eux que j'ai compris que le droit n'était pas de la philosophie, ni de la morale mais juste du français où chaque mot a un sens et unique sens, où la grammaire est essentielle, une simple virgule pouvant changer la signification même de la loi. Le droit est juste technique et une fois acquis quelques bases de vocabulaire (bon, pas la peine de connaître la définition de "de cujus" quand même), le droit est dans l'ensemble assez simple.

La Loi ne donne qu'un cadre dans lequel les gens sont amenés à exister. Au sein de ce cadre, tout est possible. Et il arrive que certaines situations ne dépendent pas de la loi.

C'est à ce moment qu'intervient la morale, la croyance en certaines valeurs. J'ai longtemps pensé être quelqu'un de loyale, de fidèle aux gens que j'apprécie et de respectueuse de la hiérarchie et du système. Je suis fille de militaire et le sens du devoir a toujours été mis devant les droits et le plaisir. J'ai subi cette idée et, petit à petit, je me la suis appropriée parce que je suis d'accord avec cela, dans les grandes lignes. J'ai fait des erreurs comme tout le monde mais j'ai toujours assumé mes actes et pris mes responsabilités. J'ai même baissé les bras devant une hiérarchie parfois limite sur le plan humain voire limite sur le plan légal lorsque la victime c'était moi.

Je ne suis plus loyale, tout du moins je n'accepte plus tout. Parce que lorsque l'on me parle de directives ou de circulaires en me jurant que c'est la loi, je sors mon site favori et trouve le texte initial et démontre par a+b le raisonnement fallacieux. Parce que j'ai un jour dénoncé un collègue à ma hiérarchie...j'ai osé enfreindre la règle corporatiste disant qu'il faut se couvrir mutuellement... La fameuse loyauté inconditionnelle envers ses pairs. Cela ne m'a pas porté chance, bien au contraire et j'en ai souffert, pleuré et hurlé...mais je sais que j'avais raison, que j'étais en accord avec la loi et avec moi même...Parce qu'un jour j'ai tapé à la porte du N+2 parce que N+1 abusait de sa position pour m'interdire ce que m'accordait la loi

Le seul souci avec cette façon de penser c'est que je suis devenue très sensible à l'injustice...Non seulement l'impunité judiciaire ou le manque de Justice avec un grand J, mais aussi cette injustice quotidienne que l'on peut ressentir quand on vous attaque sur vos valeurs et vos convictions, sur votre morale ou vos traits de caractère.

Un professionnel du droit dira qu'il vaut mieux un mauvais arrangement qu'un bon procès. Je n'accepte toujours pas ce concept. Il me révolte...je place peut être la barre trop haut, les grands idéaux font sourire mais n'aident pas à vivre au jour le jour.

Je suis devenue sensible à la mauvaise foi et cette manière de faire me bouffe au quotidien. En reprenant mon exemple et ma tentative de reprendre le travail en mi-temps thérapeutique, j'ai envie de crier à l'injustice et à la mauvaise foi. Parce que je trouve que cet aménagement qui est censé aider aussi bien l'employeur que l'employé est parfois perverti, détourné et ce en toute légalité sous diverses justifications comme la "nécessité de service", devenu fourre-tout abusif pour dire non à une demande même justifiée...ou alors il y a le manque de la preuve, la preuve écrite ou avec des témoins qui acceptent de témoigner.

 

Justice

 

J'ai donc au menu de la vache enragée et une rate au court-bouillon. C'est mon prix à payer pour pouvoir me regarder dans la glace. Et lorsque je doute même du bien-fondé de ma démarche ou de mes idées, je regarde cette petite bonne femme dans la glace et j'obtiens la réponse. J'aimerais ne pas avoir d'états d'âme, de cas de conscience..mais la vie est ainsi...la vache enragée, je vais en bouffer en brochettes, en steak et en rôti jusqu'à la fin de ma vie.

Je ne suis plus loyale...je suis fidèle à la Loi et à ce que je considère comme étant mes valeurs, mes convictions. Et ce faisant, je peux même assumer une autre forme de loyauté envers les gens bien au delà de la loyauté aveugle.

Cela a un prix, je boirais le calice jusqu'à la lie.