J'ai rêvé de vous, de certains d'entre vous...

 

Comme vous avez remarqué, cher lecteur, j'use et j'abuse des points de suspension. De crainte d'en dire trop, de mal dire, de médire, de me tromper ou tout simplement parce que je suis pudique et que je ne sais pas dire merci.

 

Je renais à la vie.

 

Mais quelle vie me direz-vous?

 

Avoir un diagnostic est une chose. Se soigner en est une autre, avoir un espoir concret de guérison encore une autre. ce sont de multiples petits pas et pourtant si je replonge quelques mois en arrière, il n'y avait que des doutes et des incertitudes, des peurs et certaines résignations. J'ai changé... ni en bien, ni en mal, juste changé.

Nous n'avons pas une vie mais plusieurs vies en une seule. Vous avez le droit de faire une pause, de fumer une cigarette, de boire un coup (mais pas toute la bouteille, laissez m'en un peu) pour philosopher et anticiper ma déclaration.

Je déclare avoir plusieurs vies en une seule.

Je suis un être humain avec un coeur à gauche (enfin plus ou moins si on regarde ma radio, je dirais plutot au centre gauche mais indépendant de mon penchant électoral), un pancréas et (comme dirait une ancienne collègue que j'avais du mal à apprécier mais qui avait vu juste) deux mains et un coeur pour aimer...madame tout-le-monde quoi!

Je suis un être aimant (vous me voyez avec mes gros sabots avec la liaison du paragraphe précédent?). Oui j'aime, j'aime mon mari, ma fille, mes frères, ma belle-mère, la blanquette de veau et les bières kwak.

Je suis un être sociale, j'ai des ami(e)s, des relations, des connaissances, des contacts facebook, des followers, des followés, des gens proches, des proches, des proches loins.

Je suis une kiné, ni plus ni moins... mais ce sera un autre billet (tu le vois le teasing de ouf là?)

(oui, je te tutoie cher lecteur que je vouvoyais il y a à peine 2 lignes)

Je suis une femme... jusqu'à preuve du contraire (et même le caryotype ne me contradira pas à moins d'une abération de la nature)

Je suis...

 

 

J'aime le verbe être

 

 

 

"Pourtant il avait tout pour être heureux"

 

 

 

Il s'appelait Jonathan et ce soir je me souviens de lui. Il avait tout et il s'est suicidé il y a des années à cette époque de l'année. Il avait tout mais il n'était pas. Ou il était trop... Je n'ai jamais compris son geste, je n'ai que des interrogations. Il ne voulait pas vivre la dégradation de son bonheur qu'il jugeait ultime, parfait et inreproductible et je n'ai éprouvé que de la colère. Il m'aura appris qu'être et avoir sont deux notions / verbes / mots différents et indépendants.

Aujourd'hui je suis en vie, en colère et j'ai fait un rêve. Quand je l'ai raconté à ma psy-fée (faudra que je vous parle d'elle un jour), j'ai décodé ses impressions sur son visage.

 

Imaginez...

 

 

Une belle maison en campagne, des amis twitterriens, je fais un AVC. Oh pas le classique non, juste une aphasie complète qui si elle déclenche le rire au départ, fait ensuite tournoyer les gyros et crier les docteurs habillés en schtroumpf. Dans ce rêve, un twitterrien médecin, la guitare d'une main, le oud de l'autre, me tend une sonde d'intubation (il a 3 mains si tu as bien calculé). Et je m'intube comme ça... à sec, sans vaseline, ni induction rapide, ni laryngo...genre la warrior à qui le curare est un produit de beauté...

Je me suis réanimé, je me suis ré-animée... Bref, j'ai repris le boulot.

 

réanimation

 

 

Et ça va chier!

 

PS: aucune psy n'a été martyrisée en séance, elle est toujours en vie et c'est grâce à elle aussi que je suis en vie.

PSS: le démon de la connerie est contagieux. Je préconise l'isolement BMR de @Docadenaline... et puis non, on se comprend.

PSSS: Je ne retravaille pas encore en réa mais je vais tout faire pour.

PSSSS: Tu me manques Jonathan...